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Thomas Sowell définit l'intellectuel comme celui dont le travail commence et finit dans la sphère des idées. Cela signifie que l’intellectuel, souvent, ne subit pas lui-même les conséquences de ses erreurs. Il n'existe donc aucun processus darwinien permettant d'éliminer ses mauvaises idées. Un neurochirurgien possède des croyances ancrées dans la réalité, puisqu’il existe un critère de vérification empirique pour les vérifier (ses patients guérissent-ils ?). De même, un électricien ne pourrait plus exercer son métier s’ils ne satisfaisait pas ses clients en appliquant des méthodes qui fonctionnent. En sociologie, en revanche, le critère de vérification empirique n’existe pas toujours. Le seul critère existant pour évaluer la validité d’une idée : d’autres sociologues la trouvent-ils séduisante ? Le risque est la création d’un univers clos, autoréférentiel, déconnecté du réel. Si 20 chercheurs, persuadés que la Terre est plate, créaient un département universitaire, ils pourraient se valider les uns les autres, publier des papiers « scientifiques », faire passer des examens et distribuer des diplômes. Ils auraient créé un système circulaire de validation de leurs convictions. L’exemple semble fantaisiste, mais peut-être correspond-il à ce à quoi nous assistons aujourd’hui, par exemple dans les départements d’étude de genre. De même, les intellectuels de gauche au 20ème siècle ont sans doute créé un monde autoréférentiel, où des idées catastrophiques (Mao est un philanthrope duquel nous devrions nous inspirer), mais jugées justes ou vertueuses dans leur univers social, rebondissaient et s'entretenaient, sans pouvoir être disqualifiées au contact du monde réel.
SamuelFitouss10 ↗